Alcoolisme et baclofène – Des femmes à nu dans un document choc

Paris Match – Le 14 mars 2014 |  Vanessa Boy-Landry

« Zone interdite »  lève le voile sur un sujet aussi grave que tabou, l’alcoolisme chez les femmes. Suivies pendant près d’un an, Chloé, 33 ans, et Valérie, 50 ans, livrent en toute authenticité leur histoire : l’enfer de la dépendance et leur combat pour en sortir. Cure de sevrage conventionnelle pour l’une et traitement au baclofène pour l’autre, un médicament controversé qui vient d’obtenir le feu vert de l’Agence du médicament. Rencontre avec Stéphane Mallard, coréalisateur du film*.

Paris Match. Les témoignages de votre document sont très forts. On plonge vraiment dans l’intimité de ces femmes et dans leur combat presque surhumain pour vaincre la maladie…
Stéphane Mallard. Nous avons cherché et trouvé des témoins qui acceptent le contrat qui était de les suivre quasiment en permanence pendant près d’un an, dans une situation personnelle absolument dramatique, celle de malade alcoolique. Ce sont des femmes qui ont reconnu leur dépendance à l’alcool et qui essayent par des moyens différents, en fonction de leur vie, de leur entourage, de leur état de santé, de sortir de cette maladie épouvantable. Ce sont des battantes, très loin de l’image de l’alcoolique honteux et résigné.

Alors que cette maladie est peut-être la plus difficile à admettre, chez les femmes, sans provoquer un sentiment de honte, qu’est-ce qui a poussé celles-ci à se dévoiler à ce point ?
Elles ont joué le jeu car elles savaient que cela pouvait servir à d’autres. Nous avons été nous-mêmes stupéfaits de leur sincérité et de leur ouverture sur un sujet aussi sensible.

Le reportage est construit comme une histoire. Pour chacune de ces femmes qui fait le choix de combattre la maladie, vous êtes là avant, pendant, et après.

Elles ont toutes au départ la conviction qu’être alcoolique n’est pas une fatalité mais que c’est une maladie qu’elles doivent combattre. Mais rien n’était gagné à l’avance. On ne savait pas comment allait évoluer la maladie de ces femmes ni leur tentative de s’en sortir. Nous les suivions quand elles doutaient, quand elles avaient peur. Nous suivions aussi leur entourage qui manifestement souffrait presque autant qu’elles. Nous avons filmé toutes les instances médicales qui sont intervenues (médecins, pharmaciens, spécialistes). Nous étions présents à leur retour au quotidien où, plus ou moins entourées, elles se sont trouvées confrontées à la difficulté de se soigner. Nous sommes allés jusqu’au bout et notre reportage s’arrête à un moment de l’histoire où, pour chacune d’elle, il s’est passé quelque chose de très fort.

Des femmes à nu dans un document choc