Baclofène : le médicament qui guérit un alcoolique sur deux

Sciences et Avenir – Décembre 2016 – N° 838 – Hervé RATEL

Avec un taux de réussite supérieur à 50 %, une étude récente prouve l’efficacité de ce générique contre la dépendance à l’alcool. Ce résultat sera-t-il suffisant pour que la prescription se généralise ? Explications.

L’acharnement des patients et celle d’une poignée de médecins a fini par porter ses fruits. Après des années d’indifférence — et de réticences — de la part des institutions publiques, des laboratoires et de la majorité des alcoologues, deux études sur le baclofène ont pu être menées en France… Et elles viennent de livrer, bien que leurs résultats soient radicalement opposés, des conclusions sans appel en faveur de l’efficacité de ce médicament pour lutter contre la dépendance à l’alcool. La première, dite Bacloville et conduite par le professeur Philippe Jaury, professeur de médecine générale à l’université Paris-V-Descartes, annonce ainsi un taux de réussite jamais vu dans ce domaine : 56,8 % des patients sont parvenus à une « consommation médicalement correcte » d’alcool.
Quant à la seconde, Alpadir, lancée en parallèle et conduite par Michel Reynaud, professeur en addictologie à l’hôpital Paul-Brousse (Paris), elle conclut… à une absence de différence entre le baclofène et le placebo. Mais il suffit d’en décrypter le protocole  pour en invalider les résultats et, de fait, mettre davantage en exergue tout l’intérêt de la première.
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