Et si le baclofène soignait d’autres addictions que l’alcoolisme ?

Santé Magazine – Sylvie Dellus – 19 juin 2014

La toute nouvelle association Olivier Ameisen veut lancer des recherches en ce sens. Un concert de gospel est donné le 20 juin à Paris à son profit.  Samuel Blaise, l’un de ses fondateurs, nous explique ses motivations. 

Depuis quelques années, le baclofène bouleverse la prise en charge des buveurs excessifs. On estime qu’entre 80 000 et 100 000 personnes prennent aujourd’hui ce médicament destiné, à l’origine, à calmer les spasmes musculaires. C’est le Dr Olivier Ameisen, un cardiologue et alcoolique lui-même, qui a introduit le baclofène en France après l’avoir testé, avec succès.

Olivier Ameisen est décédé en juillet 2013. Un an après sa mort, d’autres reprennent le flambeau et lancent une association à son nom, « pour la prévention et le traitement de l’addiction ». Le 20 juin, un concert de gospel sera donné en forme d’hommage et les bénéfices seront reversés à l’association. Celle-ci ambitionne de promouvoir le baclofène auprès des alcoolo-dépendants, mais aussi auprès des médecins qui, dans l’ensemble, connaissent mal le produit.

« La posologie doit être adaptée à chaque patient. Et les effets indésirables varient d’une personne à l’autre. Pour l’instant, seule une poignée de médecins sait prescrire le baclofène. Il faut rédiger un guide de prescription à leur intention », explique Samuel Blaise.

Cet ex-buveur, libéré de l’alcool depuis janvier 2012 grâce au baclofène, est cofondateur de l’association avec le Dr Bernard Granger et le Dr Renaud de Beaurepaire, tous deux psychiatres-addictologues. Le frère et la soeur du Dr Ameisen, Jean-Claude et Eva, sont membres permanents du comité scientifique et éthique de l’association.

Celle-ci va mettre toutes les informations sur le médicament à disposition des patients et des médecins, en accès libre et gratuit, sur un site internet qui ouvrira au second semestre 2014.

À terme, une fondation Olivier Ameisen devrait voir le jour. Le but : financer des recherches sur le baclofène, mais pas seulement dans l’alcoolo-dépendance. « Des études montrent que des guérisons sont possibles grâce au baclofène dans l’anorexie, la boulimie, la dépendance à la cocaïne et au crack », souligne Samuel Blaise.

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