« Il fallait que je boive », Christophe Billoret, sauvé par le Baclofène

Le parisien 14/11/2014

De l’alcoolisme, qui finit par balayer relations sociales, travail, famille, appartement et menace d’emporter jusqu’au bonhomme, il a tout connu. A commencer par la glissade de celui qui boit « assez régulièrement » à 32 ans, « trop vers 40 et abusivement à 43 : bientôt il n’y a plus eu un seul soir où je ne me couchais pas ivre », se souvient Christophe Billoret. Si, à 50 ans, ce graphiste parisien, guéri depuis juillet 2013, peut publier le délicat récit de son difficile parcours pour sortir de la maladie, dans un livre paru hier sous un titre plein d’espoir (« Il y a toujours un après »*), c’est qu’il a eu la chance de rencontrer le Baclofène. Fini les trois litres et demi de vin quotidien. Terminé le « craving », cette envie qui prend aux tripes, irrésistible, bien connue des alcooliques : « Pendant quatre-cinq ans, vers 18-19 heures, il fallait que je boive. Aujourd’hui, je suis stabilisé à 80-100 g de Baclofène. Sans être abstinent, je peux passer huit jours sans un verre. Et il y a des quantités que je ne peux absolument plus boire. Mon maximum, ce doit être une demi-bouteille sur un repas de trois heures et demie ! »

Il a découvert le Baclofène il y a deux ans, grâce à l’ouvrage d’Olivier Ameisen, à qui il rend hommage en écrivant à son tour. Cardiologue et alcoolique, ce dernier — décédé depuis — a avec son propre témoignage d’automédication paru en 2008 fait une publicité importante à ce médicament initialement prescrit comme myorelaxant, notamment pour lutter contre le torticolis. Rapidement réclamé par les malades, longtemps prescrit dans l’illégalité par quelques médecins, il a finalement été autorisé « en utilisation temporaire » l’an dernier. Les deux études cliniques qui doivent évaluer scientifiquement son efficacité contre cette addiction seront bouclées et dévoilées le mois prochain.

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