«Le 43e jour, je n’ai plus eu envie de boire»

Geneviève Comby – Le Matin Dimanche I 23 JUIN2013

Pendant plus d’une vingtaine d’années, elle a tout essayé pour en finir avec sa dépendance à l’alcool.
Sans succès, jusqu’au 17 décembre 2012.

«Après quarante-trois jours, je n’avais plus envie de boire, c’était le 17 décembre.» Un chiffre, une date, qu’elle répète, comme pour s’assurer que le rêve ne va pas se briser, qu’elle ne va pas se réveiller, se verser un verre, deux, dix, jusqu’à tomber. A 50 ans, Laurence a tout essayé pour se débarrasser de sa dépendance à l’alcool, les groupes de soutien, l’abstinence, la psychothérapie, l’Antabuse. Sans succès. Jusqu’au Baclofène, ce médicament que certains qualifient de miraculeux.
«La seule chose que je n’avais pas tentée, c’est une cure, raconte-elle sans détour. Je ne voulais pas m’éloigner de mon travail. Je n’avais plus que ça pour garder un semblant de vie sociale. J’ai toujours eu des amis, mais quand ils  m’appelaient pour m’inviter à manger, je leur disais que ce n’était pas la peine, qu’à 18 heures je serais déjà saoule.»

«J’étais usée, je n’avais plus de projets, à part boire»

Aujourd’hui installée dans le Nord vaudois, Laurence n’a jamais vraiment vécu dans le déni. Très vite, elle a compris qu’elle avait, comme sa mère, un dangereux penchant pour la bouteille. Pendant des années, elle enchaîne les week-ends et les fêtes bien arrosées. Il y a sept ans, son mari meurt et sa fille quitte la maison pour finir ses études à l’étranger. Laurence glisse vers une alcoolisation régulière et massive.

Le 43e jour, je n’ai plus eu envie de boire