J’ai vaincu ma dépendance à l’alcool grâce au Baclofène – 11/2011 Santé Magazine

Sylvie DELLUS

Sylvie, 54 ans, s’estime guérie de son alcoolisme grâce à un médicament qui n’est pas reconnu dans cette indication, le baclofène. En France, 20 000 personnes auraient tenté l’expérience du baclofène.

Santé Magazine 11/2011J’ai commencé à boire à l’âge de 16 ans. J’étais une adolescente timide et j’avais besoin de l’alcool pour me désinhiber. La dépendance s’est installée petit à petit. Les doses dont j’avais besoin ne faisaient qu’augmenter. À un moment, ça m’a fait peur et je me suis dit qu’il fallait que je réagisse.
En 2008, j’ai failli consulter un alcoologue, mais j’ai tergiversé. Je savais que le traitement passerait obligatoirement par l’abstinence … et cela me paraissait impossible. Puis, je suis tombée sur un article dans le journal local parlant du baclofène: un médicament qui pouvait guérir l’alcoolisme. La solution de facilité pour moi!

Je me suis documentée sur  Internet, j’ai acheté le livre du Dr Olivier Ameisen, Le dernier verre, (éd. Denoël), dans lequel il raconte sa guérison grâce à ce produit, et j’ai été convaincue.

Je me sens libre!

Comme nous habitons pas loin de l’Espagne, un pays plus permissif que la France en matière de médicaments, j’ai décidé de m’en procurer là-bas. J’aurais pu demander à mon médecin généraliste, mais j’avais honte. Il ne s’est jamais douté que j’avais un problème avec l’alcool. J’ai un travail, un mari, des enfants… Cela ne transparaissait pas sur mon visage. J’ai donc tenté ma chance en Espagne. Dans une pharmacie sur deux, on m’a vendu du baclofène sans ordonnance. Alors, j’ai fait mes stocks.
Je me suis soignée en automédication à l’aide du protocole qui est donné dans le livre d’Ameisen.

J’ai commencé par dix milligrammes par jour, pendant une semaine. Puis, je suis passée à 30 mg. Très vite, j’ai ressenti une grosse réduction du « craving’, cette envie irrépressible de boire. Je suis montée jusqu’à 110 mg par jour et là, je me suis rendu compte que je n’avais plus du tout envie d’un verre! C’est simple: ça ne m’intéressait plus. J’étais libérée de cette obsession.
J’aime toujours le vin et la bière et j’en bois désormais par plaisir,mais pas tous les jours, juste les week-ends. Je me sens libre!

Santé Magazine Décembre 2011
Association Baclofene