Alcoolisme : premiers succès du Baclofène

Publié le 03/05/2014 à 03:46 – Florine Galéron – Ladepeche.fr

Prescrit depuis plus de deux ans dans le département contre l’alcoolisme, le médicament aux vertus relaxantes a déjà permis à des patients de sortir de la dépendance. Le baclofène a reçu mi-mars une recommandation de l’agence de sécurité sanitaire.

Au début, pour ce médecin tarnais, c’était «trop beau pour être vrai». Lors d’un congrès parisien, il assiste à une présentation des effets du Baclofène pour lutter contre l’alcoolisme. Commercialisé en 1975, le relaxant musculaire est depuis quelques années expérimenté aussi sur les personnes dépendantes pour stopper le «craving», cette envie irrésistible de consommer de l’alcool.

Abstinent au bout de trois semaines

En deux ans, le généraliste tarnais que nous avons interrogé (et qui préfère garder l’anonymat) a préconisé à six patients de prendre le médicament avec des effets «étonnants» : «Chez deux patients, j’ai des résultats extraordinaires avec une personne qui au bout de 15 jours, trois semaines ne boit plus du tout et une autre qui arrive maintenant à boire un verre de vin tout en maîtrisant sa consommation. Chez les autres patients, le médicament a marché mais ils ont décidé d’arrêter le traitement avec ensuite une reprise de la boisson. On ne peut pas encore tirer de conclusions à partir d’une aussi petite série de patients mais pour moi, le Baclofène est efficace».

Dans le Tarn, peu de médecins prescrivent pour l’instant le baclofène. Même si le médicament a reçu le 14 mars dernier, une recommandation temporaire d’utilisation de l’agence de sécurité sanitaire, les autorités restent prudentes. Pour obtenir le médicament, les patients passent parfois par l’Anpaa (Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie). Jean-Michel Doyen, le directeur de l’agence tarnaise observe «depuis 2-3 ans une demande croissante du baclofène avec une cinquantaine de sollicitations chaque année sur le département». Il confirme de bons résultats pour lutter contre le «craving». Pour autant selon lui, «ce n’est pas un remède miracle» : «Le médicament a des effets immédiats dans certains cas et dans d’autres pas du tout. C’est très aléatoire. Le Baclofène permet parfois à des gens que nous suivons depuis des semaines de sortir la tête de l’eau. Ensuite, bien sûr, le traitement doit être complété d’un suivi pour travailler sur les raisons pour lesquelles l’alcoolodépendant se tourne vers la boisson».

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