Autorisation du baclofène : les experts s’impatientent

par Afsané Sabouhi | publié le 1 Mars 2014 pourquoidocteur.fr

Une tribune signée par plusieurs spécialistes dénonce la lenteur des autorités sanitaires à autoriser le baclofène en traitement de l’alcoolisme.

Pendant ce temps, nos patients peuvent mourir. C’est le titre sans équivoque de la tribune publiée dans le Plus du Nouvel Observateur par plusieurs spécialistes dont le psychiatre Bernard Granger, l’urologue et député UMP Bernard Debré ou encore l’ancien président du Comité d’éthique Didier Sicard, pour dénoncer la lenteur des autorités sanitaires dans le dossier baclofène. Officiellement annoncée par le directeur général de l’ANSM pour la fin de l’été 2013, la recommandation temporaire d’utilisation (RTU) de ce médicament à hautes doses dans l’addiction à l’alcool n’en finit plus d’aboutir et les spécialistes, impatients d’obtenir ce cadre légal de prescription, dénoncent des obstacles bureaucratiques.

Un médicament prescrit hors AMM depuis 2008

Il faut dire que le dossier baclofène commence à dater. C’est la parution du livre d’Olivier Ameisen, intitulé « Le dernier verre » en 2008, qui révèle ce traitement aux Français. Le cardiologue y raconte en détails sa propre guérison de l’alcool grâce au baclofène, un relaxant musculaire. En quelques semaines, les alcoologues sont débordés d’appels, des forums sont créés sur internet, les proches ou les malades eux-mêmes veulent savoir comment se faire prescrire ce comprimé aux résultats présentés comme miraculeux. En dehors de l’autorisation initiale de mise sur le marché du baclofène, de nombreux médecins commencent à en prescrire. Depuis 2008, d’après les données de l’Assurance maladie, au moins 50 000 personnes ont été prises en charge avec du baclofène pour un traitement de l’alcoolisme, dont 22 000 nouvelles prises en charge uniquement en 2012. Mais « depuis 2008, notes d’informations dissuasives ou menaçantes, tribunes de dénigrement, commissions médicales corporatistes se succèdent. Tout l’arsenal de l’obscurantisme est déployé, renforcé par les conflits d’intérêts », dénoncent les signataires pro-baclofène.

Autorisation du baclofène : les experts s’impatientent