Franck: « Aujourd’hui, j’ai un avenir » 2/06/2013

Paris Match Le 02 juin 2013 | Propos recueillis par Vanessa Boy-Landry

Franck, 46 ans, est marié avec trois enfants. Guéri sous baclofène après vingt ans d’alcoolisme, il parle d’une renaissance.  

«J’ai vingt ans d’alcoolisme au compteur de ma vie. Jeune étudiant, je faisais beaucoup la fête. Quand j’ai fini mes études, j’ai continué à faire la fête. A 25 ans, mon addiction était révélée. C’était un alcoolisme de fin de semaine, sur trois jours. Puis sur quatre ou cinq. Je ne buvais que le soir car j’étais passionné par mon travail et je ne voulais pas risquer de le perdre. J’ai réussi à cacher ma maladie pendant toutes ces années. Mais au niveau familial, c’était plus difficile. Mon épouse le vivait au quotidien et les enfants grandissant, ils commençaient à s’en rendre compte. Mon abstinence record n’a été que de trois mois avec l’aide d’anxiolytiques.

A la veille de mon traitement baclofène, je ne me sentais pas prêt à imaginer la vie sans alcool, mais je voulais au moins essayer. Pour respecter le souhait de ma femme. Je deviens donc le premier « patient baclofène » de mon médecin généraliste qui, rassuré par les dernières informations sur le médicament, accepte de me le prescrire. Je lui en serai toujours reconnaissant.

«Je me suis forcé à boire pour tester mon indifférence à l’alcool»

J’ai pris mon premier comprimé le 1er juin 2012. Mon médecin augmente progressivement les doses, comme il convient de le faire et j’ai la chance de ne pas souffrir d’effets secondaires. Après avoir lu le livre d’Olivier Ameisen dans lequel je me reconnais complètement, je suis convaincu du traitement avant même d’être guéri. Début juillet, je suis à 150 mg de baclofène. Suite à une semaine catastrophique au niveau de mon alcoolisation, je vois mon médecin et passe à 180 mg. Deux jours après, je comprends qu’il se produit quelque chose : contrairement à mon habitude, je ne bois plus quand je me retrouve seul. Le soir même, je décide de faire un test : je m’impose de boire trois bières et trois verres de vin. Je savais très bien qu’à cette dose d’alcool, en temps normal, il était impossible que je m’arrête. Il m’a fallu près de huit heures pour les boire, sans aucune envie d’en boire davantage. J’étais devenu indifférent à l’alcool !

Franck: « Aujourd’hui, j’ai un avenir »