Olivier Ameisen, l’apôtre du Baclofène, est mort

Le Monde.fr | 19.07.2013 à 20h58 • Mis à jour le 19.07.2013 à 21h30 |
Par Sandrine Blanchard, Sandrine Cabut et Catherine Vincent

Pour des milliers de malades, il restera celui qui leur aura permis d’en finir avec le « craving », le besoin irrépressible d’alcool. Sa croisade aura été celle du baclofène : médecin devenu dépendant à l’alcool , il a trouvé en ce vieux médicament une nouvelle voie pour se libérer de son addiction, et s’est battu des années durant pour imposer sa découverte.
Cardiologue, frère du professeur Jean-Claude Ameisen , l’actuel président du comité national d’éthique, le professeur Olivier Ameisen est décédé le 18 juillet à Paris d’un infarctus du myocarde. Il venait d’avoir 60 ans. Pianiste extrêmement brillant, jouant d’oreille, c’est dans la musique qu’il voit d’abord sa carrière : adolescent, il ne pense qu’à elle.
Ses parents lui disent « Passe ton bac d’abord » ? Il se débrouille pour l’obtenir à 15 ans, alors qu’il n’est qu’en seconde. Trop tard, pourtant, pour devenir virtuose : Arthur Rubinstein, à qui il demande conseil, lui suggère d’être chef d’orchestre ou compositeur. Mais lui ne veut pas de demi-mesure. Ce sera donc la médecine .

« LE TRAITEMENT DE L’ADDICTION », L’AFFAIRE DE SA VIE

« Il a adoré la clinique et la recherche, mais je crois qu’il a toujours regretté de ne pas avoir fait son métier de la musique. C’était vraiment ce qui l’habitait », affirme Jean-Claude Ameisen, son aîné d’un an et demi. A l’adolescence, les deux frères sont inséparables. Ils font leurs études de médecine en même temps, préparent examens et conférence d’internat côte à côte. Seul le départ d’Olivier aux Etats-Unis, en 1983, pour la prestigieuse université Cornell de New York, parviendra à mettre entre eux de la distance. Le jeune homme devient vite un cardiologue éminent, mais ce grand anxieux ne tarde pas à sombrer dans l’alcoolisme. De façon absolue, comme tout ce qu’il entreprend.

Olivier Ameisen, l’apôtre du Baclofène, est mort