Pilules de l’espoir pour les alcooliques

Par Francesca Sacco – Letemps.ch – jeudi 18 décembre 2014

De nouvelles molécules contre l’envie de boire arrivent sur le marché. La Suisse y a temporairement renoncé, préférant attendre les résultats des essais cliniques, prévus pour 2015

Les pilules qui diminuent l’envie de boire existent, il ne reste plus qu’à donner envie aux gens de les avaler. Voilà le défi pour les laboratoires qui se disputent le marché des substances dites «anti-addictives», prescrites aux personnes dépendantes à l’alcool. Elles reflètent un changement de paradigme dans la prise en charge de l’alcoolisme: le but n’est plus de viser prioritairement l’abstinence mais le contrôle de la consommation. Une révolution.

Le marché européen pourrait représenter 300 millions d’euros, d’après certaines estimations. En Suisse, plusieurs médicaments existent déjà mais l’un des produits phares – le baclofène – n’y est pas autorisé pour cette indication. Il est normalement prescrit comme décontractant musculaire dans le traitement de la sclérose en plaques et ses effets sur le sevrage alcoolique, encore peu documentés, n’ont été que récemment découverts, par hasard. Comme bon nombre de médicaments, il doit en fait sa seconde carrière pharmacologique à un effet secondaire.

Que faire de ce médicament plébiscité par les patients mais en manque de caution scientifique? Jeudi dernier au Centre d’arts et de conventions de Genève, une dizaine d’experts se sont réunis à l’invitation du Groupement romand d’études des addictions, pour faire le point de la situation. «L’histoire du baclofène est intéressante parce qu’elle pose la question de savoir si la preuve de l’efficacité et de la sûreté d’une molécule peut se faire à travers son utilisation», a résumé Francesco Panese, professeur associé en histoire de la médecine et de la santé publique à l’Université de Lausanne.

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