Alcoolisme : l’exaspération des pro-baclofène

JY Nau – 26/02/2014

C’est un « coup de gueule »  doublé d’un coup de semonce. L’opération a commencé aujourd’hui sur les ondes d’Europe1. Elle devrait se poursuivre ici et là sur d’autres médias dans les jours qui viennent. Celles et ceux qui suivent l’affaire du baclofène en connaissent la trame. Ils savent aussi que c’est une longue affaire, une affaire  lassante (on trouvera ici la somme des billets de ce blog qui lui ont été consacrés).

Urgence absolue

Une nouvelle fois donc, dans les médias, des médecins prescripteurs, des responsables associatifs et des alcooliques qui disent être revenus de l’enfer. Chacun à sa manière témoigne et revendique. Témoigne des vertus de cette spécialité pharmaceutique  et revendique que ses indications soient élargies à la prise en charge des malades alcooliques. On entendra ici les propos mesurés de Samuel Blaise, porte-parole de l’association Aube Baclofène et de l’association baclofene.org

Les prescriptions hors AMM ont, en France, atteint spontanément des volumes considérables. Mis en œuvre fort tardivement les deux essais cliniques en cours ne donneront pas de résultats utilisables avant longtemps. Face à ce phénomène sans précédent l’Agence nationale de sécurité du médicament (Ansm) semble ne pas prendre la mesure de cette affaire de santé publique. Ou ne pas vouloir la prendre. Et dans tous les cas prendre un temps qui semble incompatible avec ceux qui ont ici un sentiment d’urgence absolue.

Atermoiements

Comment comprendre ? Début juin 2013 Dominique Maraninchi, directeur général de l’Ansm annonçait publiquement la mise en œuvre dans les meilleurs délais d’une « Recommandation Temporaire d’Utilisation » (RTU) du baclofène dans l’addiction à l’alcool. Cette RTU était alors une affaire de quelques semaines.  Puis vinrent quelques atermoiements. Puis d’autres. Fin décembre on nous assurait, de très bonne source, que c’était sur le point d’être réglé. Et voici que l’on parle à nouveau de nouveaux délais, incompressibles. Pendant ce temps l’Ansm se tait. Pour ne pas parler du ministère de la Santé qui semble, officiellement du moins, comme étranger à ce dossier.

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