Au bout du compte, la liberté !

Je m’en souviens comme d’hier, et c’était hier, et le Printemps est venu à mon âme que je croyais sursitaire, survivante, attendant la délivrance finale encore que je ne voulais pas l’avouer.

56ans, 8 ans d’alcool quotidien, un bébé arrivé, et ce bonheur qui me semblait interdit…

Je m’en souviens, j’étais abstinent depuis un mois, et je débutais le Baclofène sans trop y croire. L’abstinence c’est une chose, l’indifférence est un rêve en quelque sorte…

Pourtant en 4 jours, je sentais les effets bienfaiteurs du Baclofène ; je souffrais du dos depuis 20 ans et depuis 20 ans, je m’administrais du Lexomil à haute dose.

Je m’en souviens comme d’hier, j’étais dans le jardin , il faisait nuit et soudain j’ai vu l’étoile du berger.
Ca m’a semblé étrange, « nouveau »… Ca faisait si longtemps… A ma femme venu me rejoindre et qui s’inquiétait des larmes sur mon visage je dis : « je viens de regarder le ciel et m’aperçois soudain que ça faisait dix ans que je n’avais plus levé les yeux ! »

Quelques semaines plus tard, j’atteignais l’indifférence totale à 40 mg puis je me testai durant toutes les occasions possibles durant 15 jours : j’avais peur d’affronter l’alcool à nouveau, ce rat que je voulais fuir, ce maquereau (ainsi que je le nomme dans mes pensées secrètes) qui s’invite chez nous, à notre table, dans nos couples, et qui se fait payer en plus !
Au plaisir de ne plus te revoir !

Il ne me dit rien, je n’ai rien à lui dire.
Ce monstre avait fait de moi un vaincu, moi qui étais si fort, un mort-vivant, une zombie, un pauvre type… sans avenir ni rien.

En à peine plus d’un mois, et à 40 mg puis 30 mg à présent je n’ai plus de douleurs, je retrouve mon poids d’antan, mes traits se redessinent car sans doute, je me « regarde » enfin…
Je ne prends plus aucune drogue !

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Association Baclofene