Retard à l’autorisation du Baclofène : la colère monte

Anne JEANBLANC – le point

Des médecins, pharmaciens et associations de patients dénoncent le temps perdu et donc le décès de malades qui auraient pu être soignés.

« Alcoolisme : pendant ce temps, les malades peuvent mourir » : le titre de la tribune adressée ce matin à la presse par le professeur Bernard Granger, qui dirige l’unité de psychiatrie de l’hôpital Tarnier, à Paris, est sans ambiguïté. Ce n’est pas la première fois qu’il pousse un « coup de gueule » pour tenter de faire accélérer l’autorisation de prescrire le Baclofène aux malades alcooliques. Cette fois, le texte est cosigné par vingt autres personnes, dont le secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie de médecine, le président d’honneur du Comité d’éthique et des spécialistes de l’addiction.

L’histoire du Baclofène est désormais bien connue. C’est le docteur Olivier Ameisen, cardiologue et souffrant d’une addiction très sévère à l’alcool, qui a découvert l’intérêt de ce relaxant musculaire pour combattre sa maladie, en 2004. Malgré un livre largement médiatisé, de multiples interventions et de nombreuses publications scientifiques, la molécule n’a jamais obtenu l’autorisation d’être utilisée dans la maladie alcoolique (à une posologie bien supérieure à celle nécessaire habituellement). Et tout cas jusqu’à maintenant.

Ce qui n’empêche pas plus de 10 000 médecins de prescrire ce traitement « avec courage et humanisme », note le Pr Granger (cette usage hors AMM pourrait les placer dans une situation juridiquement difficile).

Retard à l’autorisation du Baclofène : la colère monte